Dalí, la résurrection

Dalí à Céret, une histoire de vie ou de mort…

Sous un soleil timide, Brice et moi nous rendons au Musée d’Art Moderne de Céret pour y découvrir l’exposition « Dalí : Eurêka ! »

Dalí fait partie du patrimoine catalan, mystérieux personnage qui divise.

Extravagant ? Cet artiste interpelle autant pour ses œuvres que pour ses frasques orales !

Outre le fait qu’il ait qualifié la gare de Perpignan de «  Centre du Monde », sa quête en Catalogne du nord était bien plus profonde… Dalí recherchait l’immortalité !

Un personnage très controversé, Salvador d’un côté et Dalí de l’autre.

Salvador, prénom qu’on lui a imposé en hommage à son frère décédé avant sa naissance, et Dalí héritage familial. Cela marquera toutes les œuvres de l’artiste. On retrouvera des dualités entre la vie et la mort, le monde biologique et le monde mécanique.

Génie et enfant terrible

A 6 ans, il peignait ses premiers paysages. A 14 ans, il possède son atelier et intègre par la suite l’école des Beaux-Arts de Madrid, où il aura la chance d’assister à des conférences animées par Einstein.

Dali, l’anarchiste, sera expulsé à plusieurs reprises de la fac et sera même incarcéré à la prison de Gérone…

Suivront ensuite des rencontres déterminantes avec Miro, Lorca…

Un voyage triomphal 

Céret est qualifiée de Mecque du Cubisme où vit un certain « Génie Ibérique » Picasso, à qui Dalí voue une vraie admiration.

Dans les années 60, le maire de Céret et deux élus à la culture se rendent à Port Lligat (Espagne) afin de solliciter Salvador Dalí pour un « Voyage Triomphal » et surtout une renaissance, une résurrection, l’immortalité….

L’immortalité : ce moment restera dans les mémoires du peuple Catalan… Dali en est conscient car il suit de très près les recherches scientifiques de Marcel Pagès, médecin sur la commune. Ses travaux se portent sur la cryogénisation.

C’est aux arènes de Céret que le peuple est venu acclamer le roi. Des animaux daliniens en carton avaient été créés pour l’occasion, des rhinocéros côtoyaient des bœufs rouges…

Mais la cerise sur le gâteau (n’oublions pas où nous sommes), fut le squelette en mouvement  au-dessus de l’office de Tourisme… devant lequel Salvador se recueillit et se vit offrir un bouquet par un ange tout droit sorti de son thorax… Un vrai miracle, une renaissance !

Revenons à l’exposition Dalí Eurêka ! Je pourrais évoquer les différentes œuvres de l’artiste, mais je vous invite plutôt à venir les découvrir. Car comme disait Dalí : «  Le temps se pourri, il passe pour chacun d’entre nous, la mort est inévitable », alors prenez le temps de Vivre…

 

Pour l’organisation de votre séjour

Office de Tourisme de Céret

Musée d’ Art Moderne de Céret

+ d'infos sur Amandine




Les dimanches de Serrabona

Un festival qui fait battre en musique le cœur de ce beau prieuré roman

L’austère prieuré au diapason de l’été

Aujourd’hui, pour mon anniversaire, je m’offre une virée aux « Dimanches de Serrabona », une animation gratuite du festival Eté 66 qui fait battre en musique le cœur de ce beau prieuré roman du XIIème siècle.

Depuis Bouleternère et 20 minutes de route en lacets plus tard, j’arrive sur le site de la « bonne montagne » au prieuré de Sainte Marie de Serrabona, fondé au XIIème siècle selon la règle de Saint Augustin. J’ai à peine le temps d’admirer les sculptures des chapiteaux de cette tribune de marbre rose du Conflent, un chef d’œuvre gracieux et  préservé.

Prieuré de Serrabona – ©M. Castillo

Tribune de marbre rose – ©M. Castillo

Des musiciens russes sublimés

Le  concert va commencer et les musiciennes du quatuor à Cordes « Euterpe » sont  installées dans la nef bleutée pour interpréter un répertoire des compositeurs russes (Rachmaninov, Glazounov et autres).

Le public subjugué et conquis écoute religieusement les mazurkas, polkas et sarabandes qui nous entraînent  bien au-delà des murs. A la fin du concert, le talentueux quatuor pose dans la galerie.

Alexia Turiaf (violon), Marie-Camille Casenove (violon), Pauline Guernichon (alto) et Delphine Roustany (violoncelle) – ©ADT66

Affiche Festival été 66 – ©CD66

Concert Quatuor Euterpe – ©ADT66

Dialogue entre arts premiers et art sacré

Je retourne dans la chapelle pour scruter en détail les œuvres de Claude Parent Saura, un artiste contemporain qui s’adonne enfin à temps plein à la passion d’une vie, une expérience artistique commencée il y a des décennies.

Les croix et crucifix en plexiglass et autres matières translucides et colorées sont placés aux points cardinaux et font face aux mystérieux masques évoquant quelques  divinités Africaines ou Guatémaltèques. Une installation cruciforme au sol,  des tentures le long des murs, des meubles créés pour l’occasion illustrent ce dialogue entre art sacré et arts premiers et sont  un appel vibrant à l’échange et à la tolérance.

Exposition Claude Parent SauraExposition Claude Parent Saura - ADT66

Exposition Claude Parent Saura – ©ADT66

Un patrimoine animé par le contact avec le public

Un bref passage dans la boutique qui offre quelques ouvrages et reproductions intéressants. A l’extérieur du prieuré, un jardin bien dessiné, véritable conservatoire de simples et d’essences méditerranéennes odorantes, couronne cette sortie où j’ai pu voir, découvrir, écouter et sentir, bref, vivre une expérience toute sensorielle. Loin de tout mais près du ciel, ce lieu connait une vraie renaissance grâce à un regain d’intérêt du public et à des animations comme celle à laquelle j’ai pu assister, sans bourse délier.

Jardin Prieuré de Serrabona – ©ADT66

Prieuré de Serrabona – ©M. Castillo

Pour plus d’informations :

Festival été 66  – Pyrénées-Orientales Tourisme

+ d'infos sur Gloria

Voir tous les articles écrits par 




Collioure, Pyrénées-Orientales

United colors of Collioure et Paulilles !

Un parfum solaire aux notes multicolores…

Je vous emmène  au royaume de la lumière et des couleurs… Une escapade en Méditerranée : Collioure, Paulilles. C’est une belle invitation au voyage, à la contemplation…

A travers mon 7D  Canon, vous allez découvrir  ma Méditerranée, mes Pyrénées-Orientales, mes  lieux préférés…

Une alternance de plages de sable fin, de dunes et de criques sauvages… Du galet au sable qui glisse entre vos doigts, une Méditerranée toute en nuances, passant du vert au turquoise. La caresse du soleil sublimera votre teint et bercera vos siestes sous les pins parasols…

Ah, les vacances d’été ! On les attend  toute l’année avec impatience ! C’est le moment de décompresser, de profiter de la famille, des amis…

Partir à la découverte d’une destination et  vivre de grandes aventures… 

Aujourd’hui, découverte haute en couleur de Collioure et Paulilles ! Farniente, explorations, baignades, balades, rencontres…  Bref,  le programme est idéal pour s’éclater !

Collioure : dans chaque couleur, il y a la lumière…

Embarquement immédiat ! 

Mettez vos lunettes de soleil, top départ pour Collioure.

Ce village typiquement catalan est inondé de soleil, il irradie….

La couleur est incroyablement intense, lumineuse. Matisse disait que : 
La couleur surtout et peut-être plus encore que le dessin est une libération.

Collioure est le berceau du Fauvisme. Ruelles typiques couvertes de fleurs, maisons  multicolores… Une explosion de couleurs : rose, fauve, ocre, vert, rouge, bleu…. Je me laisse toujours charmer par son port et ses barques catalanes, ses plages  de galets, au cœur du village ! Un savant mélange des eaux de la Méditerranée et des roches pyrénéennes.

Paulilles ou le passé recomposé…

On quitte Collioure, cap sur l’anse de Paulilles : suivre Port-Vendres, Banyuls Sur-Mer. Certes sinueuse mais superbe, la route épouse chaque  ligne de la côte rocheuse, entourée par le vignoble et la mer… Cette vue est incroyable… Vous allez surplomber l’anse de Paulilles. Je vous le dit d’ores et déjà, vous aurez le souffle coupé par tant de beauté !

C’est un site classé, préservé, le plus magique du littoral des Pyrénées-Orientales, un panorama  é(PO)ustouflant….  Aux pieds du massif des Albères, une eau transparente… Vous aurez l’impression d’être au bout du monde. Impossible de ne pas visiter le site de l’ancienne dynamiterie Nobel. J’ai suivi le guide dont les grands parents vivaient et travaillaient sur place. A l’époque, c’était un village. J’ai eu l’impression de changer d’époque !

Pour l’organisation de votre séjour  : Office de Tourisme de Collioure

Collioure

  • Le Chemin du Fauvisme : incontournable ! Vous marcherez sur les pas de Matisse et Derain…
  • A déguster : Les anchois Roques et Desclaux

 Paulilles 

Le Site Classé : l’Anse de Paulilles avec son ancienne usine de dynamite et l’atelier de rénovation des barques catalanes.

Beatrice vignette+ d'infos sur Béa

Voir tous les articles écrits par 




Maury honore ses Voix de Femmes

Ils sont venus, ils sont tous là

Qui ça ? Les inconditionnels du festival Voix de Femmes bien sûr, les défenseurs de la culture en milieu rural, comme se plaît à le souligner en introduction le maire de Maury. Après s’être arrêtées acheter un hamburger végétarien au food truck bio et de quoi se réhydrater, nous attendons la chanteuse Cléa Vincent. La chaleur de cette fin de printemps s’estompe peu à peu, donnant libre cours à une nuit agitée, puisque le groupe Deluxe, qui doit prendre le relais, est attendu de pied ferme par ses fans, arborant la moustache fétiche de leurs idoles en guise de clin d’oeil.Cléa Vincent, l’accent français de la scène électro« Electricité… empreinte digitale, image subliminale… », la voix cristalline de Cléa retentit depuis la scène… Chemise à fleurs psyché rentrée dans son mini-short en jean, elle nous fait part de sa joie d’être là, dans un festival à taille humaine où les artistes peuvent côtoyer leurs fans en toute simplicité et se fondre dans le public pour regarder passer leurs confrères.. C’est peut être aussi pour cela que notre emblématique Flodama, humoriste local, assiste chaque année à « Voix de Femmes » et pose à mes côtés à cette occasion…

 »Tandis que j’interviewe Cléa dans sa loge, ma collègue Annouck ( au milieu de la photo) prend le relais et nous livre son retour d’expérience : « Dhamma ? Je ne connaissais pas, mais j’adore le duo que forme Khalil et Sacha, car ils mêlent des accords trip-hop, électro-pop et fusion jazz… Trop bon ce mélange des genres, ces influences « Musiques du Monde »… J’avoue que je me suis facilement  laissée emporter par la voix envoûtante de Sacha,  que je qualifierais d’aérienne, sur fond d’improvisation instrumentale… A la fin de leur représentation, une sorte de transe a envahi la foule et Sacha, bras ouverts tel un ange, est prête à s’envoler, dos au public,  emportée par cette ivresse collective et cette joie communicative qui se dégage de ce duo exceptionnel ».Des blogueuses conquises…

Cléa en aparté …Cliquez ici pour voir l’interview…

« Tu me baiseras des baisers de ta bouche, ton amour t’entrainera plus haut si tu me touches »

                                                                                                                                         ( Deluxe, M- Baby That’s You )

Les exaltés Deluxe envahissent la scène… Dans leurs costumes rouges, scintillant de mille feux, cinq  musiciens mi-hommes, mi-bêtes, semblant tout droit sortis d’un cirque, entourent Lili Boy, la chanteuse du groupe, vêtue d’une moustache en guise de jupe… Leurs accords funk, électro, hip-hop et groove, se mêlent à la voix suave de Lili, qui ne cesse de sauter et danser tandis qu’une dose de « good vibes » et d’optimisme envahit l’assistance…

La voix de Lili qui ressemble à s’y méprendre à celle de Selah Sue, résonne sur les contreforts de granit et monte dans le ciel étoilé, comme la promesse d’un bel été.

Pour l’organisation de votre séjour

Communauté de Communes Agly-Fenouillèdes

Pays Touristique Agly-Verdouble

Association du Pays de la Vallée de l’Agly

+ d'infos sur Emmanuelle

Voir tous les articles écrits par 




La cerise sur le Tableau, à la découverte de Céret

A Céret, nous ne sommes ni français, ni espagnols, mais catalans…

Quand on parle de Céret, nous pensons aux cerises, à  son musée d’Art moderne, à  sa célèbre féria et même à son équipe de rugby…

Mais moi, le Céret que j’ai redécouvert a bien plus de facettes.

Il est 9 heures, nous sommes le mardi 14 mars, le temps semble être suspendu. Les cafetiers installent leurs terrasses, le soleil brille sur les façades multicolores aux volets arc  en ciel, les passants sourient, les Cérétans lisent L’Indépendant en buvant leur café… Rien à dire, nous sommes dans le Sud.

J’ai rendez-vous avec Renée Léonardi, personnage incontournable de la commune.

Renée, c’est elle ! Passionnée, passionnante… Elue à la culture, prof, féministe,  mamie et colombine à ses heures perdues…

Au premier regard, j’ai un très bon sentiment. Je sens que la matinée va être forte en émotions…

Endavant

La visite commence. En levant la tête je souris et pour cause : le Carrer del petit Barri, s’appelle la rue du petit Paris… Renée comprend que je suis catalane… Eh oui « barri » signifie « quartier » et non pas « Paris ».

Le secrétaire d’Etat n’était pas catalan me dit-elle…

Renée évoque également l’histoire du musée qui n’est autre que l’ancien Couvent des Carmes, de son fondateur Pierre Brune, me fait passer devant des platanes centenaires, sous la porte d’Espagne, puis la porte de France.

Elle m’explique également qu’à Céret, si les habitants avaient pu quelques fois manquer de nourriture ils n’auraient jamais pu manquer d’eau. En témoignent d’ailleurs toutes les conduites d’eau, et fontaines, dont celle des 9 jets, avec sa tête de lion qui regarde à nouveau vers l’Espagne…

La visite continue : passage devant le monument aux morts de Maillol, puis la rue des Evadés, le numéro 3 exactement, où j’ai eu la surprise de découvrir la maison de Braque et Picasso…

Etonnant non ?

Je pourrais évoquer la vie de Picasso à Céret. Ses conquêtes chaque fois différentes, ses 53 œuvres qu’il a offertes à la ville en présence de son ami Jean Cocteau, de sa passion pour les corridas, certainement son côté minotaure.

Ou celle de Soutine « l’artiste maudit » qui était venu à Céret par peur d’être exécuté dans son pays. Son côté très marginal,  son obsession pour l’absinthe,  son horreur pour les Catalans, car il ne les comprenait pas. Mais surtout, du jour où il a pu racheter toutes les toiles qu’il avait réalisées  à Céret, afin de les brûler. Il voulait effacer toutes traces de son passage…

Pointé, posé….

Renée, me parle de traditions, de culture,  de Goigs dels Ous, de carnaval, des feux de la Saint Jean, des bouquets de ramallets, toute mon enfance…

C ‘est alors que mon regard se pose sur un dessin. Celui d’une danse qui me tient particulièrement à coeur… Celle-ci a traversé les générations. Encore de nos jours aucune fête ne se passe sans que petits et grands se donnent la main en regardant dans le même sens.

Cette ronde rythmée au son des coblas, rallie le peuple sous les yeux bienveillants de nos aïeuls, évidement chaussés de vigatanes.

La Sardane était une danse d’hommes, avec de vraies revendications politiques, symbole de liberté elle a su se démocratiser et survivre au franquisme.

D’ailleurs, en 1953, après une grillade à Saint Féreol, Picasso a fait une pause au Grand Café à Céret. Habitué des lieux, il demande une feuille et un pinceau (celui qui servait à écrire les prix sur l’ardoise) et il dessine une sardane. Mais celle-ci lui semble un peu  vide et de deux coups de pinceau, la colombe est apparue. Naissance de la « Sardane de la Paix », un message d’espoir…La ville de Céret a tenu bien plus que des promesses. Un doux mélange d’aquarelle, de peinture à l’huile, de Santa Espina et de traditions…

Mes chers lecteurs, je vais vous faire une confidence, entre deux portes j’ai entendu parler d’un lieu magique où le temps serait resté suspendu…Ce lieu porte le nom des Arbousiers… promis un jour je vous en parlerai…

 

A bientôt…

Pour l’organisation de votre séjour

Office de Tourisme de Céret 

+ d'infos sur Amandine




lecture au lever du soleil sur le site du camp de Rivesaltes

Le jour se lève sur les mémoires

Echanges et émotions partagées pour un moment d’exception…

Lève-tôt dans la nuit noire

Il fait encore nuit lorsque je rejoins le groupe de lève-tôt venus assister à une lecture de textes au camp de Rivesaltes. Je me dis que la nuit n’est jamais aussi noire qu’avant l’aube. Je me retrouve vite plongée dans l’atmosphère et j’imagine sans peine l’arrivée les pas des nouveaux internés, perclus de fatigue, rongés d’angoisse et d’incertitude, dénués de tout et même d’espoir, s’acheminant d’un pas pesant vers l’inconnu.

Pour l’heure, nous suivons en silence les personnes venues nous chercher. De petites loupiotes à même le sol de la garrigue odorante guident nos pas assurés de curieux et de passionnés d’histoire. Happés par la solennité du moment, nous nous installons en silence.

Lectures dédiées

La gorge serrée, Agnès Sajaloli, directrice du Mémorial va dédier cette lecture à son père. A ses côtés, la musicienne Marie Grollier cale son violoncelle. La lecture comme et toujours le silence. Les premiers mots sont égrenés tandis que résonnent des notes de musique tout en gravité, une improvisation sur de la musique Kletzmer, nous expliquera plus tard, Marie.

copie-lecture-rivesaltes

Une lecture assurée par Agnès Sajaloli et mise en musique par Marie Grollier, violoncelliste.

Des extraits de témoignages de personnes internées ou hébergées au camp de Rivesaltes.

Le premier texte est un témoignage d’un réfugié républicain espagnol qui raconte sa sidération d’être captif, lui qui n’a rien fait, qui est juste un vaincu. Suit le témoignage d’une famille d’Ashkénazes après les rafles de 1942, fuyant une traque qui s’achèvera tragiquement, et puis un texte sur l’arrivée des Harkis, après la guerre d’Algérie, hagards, épuisés et mis au ban de la société, eux qui avaient manifesté leur fidélité. Vient ensuite le bouleversant témoignage d’un Ivoirien, victime des séismes et crises politiques des années 60 et enfin, la quête éperdue d’un groupe de syriens, traversant le marasme dans lequel est plongé leur pays et en proie à tous les prédateurs, debout à l’affût.

Duettistes de la mémoire

Cette litanie de tous les exils lue avec émotion et précaution provoque des larmes qui s’écoulent sans bruit tandis que montent vers le ciel qui s’éclaire, les dernières notes de musique. La lectrice et la musicienne se regardent souvent, plongées qu’elles sont dans cet exercice de duettistes de la mémoire. Le public saisi, ne sait s’il doit se taire ou remercier puis il applaudit doucement, de peur de briser cette fragile alchimie.
Le soleil s’est enfin levé. Après cette expérience d’exception, les appétits se sont creusés et tout le monde a dégusté un petit déjeuner riche d’échanges et d’émotions partagées.

Pour l’organisation de votre séjour :

Mémorial du camp de Rivesaltes ⋅ Office de tourisme de Rivesaltes

+ d'infos sur Gloria

Voir tous les articles écrits par 




Nuit enchantée au Palais

Nuit enchantée au Palais

Une joyeuse expectative

Aux marches du Palais, se presse une foule habillée et joyeuse pour le spectacle « Grands Airs d’Opéra ». Ces soirées du joli mois de juillet, programmées dans le cadre du festival Été66, offrent une occasion de sortie entièrement gratuite à un large public.

Les spectateurs installés savourent d’emblée l’ambiance avec en toile de fond la Tour de l’Hommage du Palais des Rois de Majorque. Les techniciens terminent les réglages, les derniers arrivés gagnent rapidement leurs sièges tandis qu’on annonce le programme.

La sérénité de ceux qui sont prêts

« Attention mesdames et messieurs, dans un instant ça va commencer, installez-vous dans votre fauteuil bien gentiment »

fredonnerait Michel Fugain…

Pour moi, direction les coulisses – enfin les jardins – pour échanger quelques mots avec les artistes. Il règne l’effervescence mesurée de ceux qui sont prêts. Christian Papis, ancien ténor et professeur au conservatoire qui a repris l’aventure de l’Opéra Mosset il y a quelques mois, encourage ses troupes. Sabine Riva, la jolie soprane élégante en robe d’Eve Meunier, costumière de théâtre à Thuir, fait quelques vocalises comme le baryton chinois Jiaming Zhang qui pose avec son amie.

Fabienne Leloup, la pianiste qui va accompagner l’ensemble des artistes avec l’aide de Bénédicte Vermeersch se concentre, les membres du chœur de l’opéra Mosset et de l’atelier lyrique lissent leur tenue…

Et la magie opère, avec des extraits des Contes d’Hoffmann d’Offenbach, suivis de quatre autres morceaux de l’opéra « Roméo et Juliette » de Gounod. Le baryton, le ténor et la soprane virevoltent sur scène, en donnant toute la mesure de leur talent.

Une magistrale apothéose

Enfin, clôturant ce bouquet d’artistes, le chœur des esclaves du Nabucco de Verdi surgit lentement de l’obscurité et c’est en virtuoses que les chanteurs terminent leur spectacle, en laissant le public savourer les trompettes de la marche triomphale d’Aïda avec de très jeunes artistes.

Pour l’organisation de votre séjour :

Festival Eté66Office de Tourisme de PerpignanPalais de Rois de Majorque

+ d'infos sur Gloria

Voir tous les articles écrits par 




Festivaliers les Musicales de l'Agly

Les Musicales de l’Agly

Un festival perdu dans les vignes ? Je demande à voir…

La pluie était attendue en cette après-midi du 8 Juillet mais c’est sous un franc soleil que nous atteignons le village :

« Planèzes nous voilà ! »

Petit extrait de ces voix d’artistes qui résonnent dans la Vallée de l’Agly

Des lampions de couleur éclairent un « jardin extraordinaire » comme le dirait Charles Trénet : des musiciens règlent leur balance, vignes et collines en toile de fond, tandis que les vignerons de Latour de France et Caramany préparent verres et bouteilles sur des tonneaux dédiés à la dégustation… une guinguette insolite se dresse devant nous, sous un vent doux et chaud, chargé des senteurs de cette terre que j’aime tant… ce sera une belle nuit.

Deux heures plus tard, Angélina est dans la place, face au bar où la bière fraiche coule à flot. La chanteuse blonde « d’Oscar et les garçons manqués »,  jupe en jean, santiag aux pieds et ukulélé en guise de guitare, a choisi « Tainted Love » de Soft Cell, groupe mythique des années 80 pour donner le ton à cet apéro : INSOLITE et résolument NEW WAVE !

Dans une cour, des enfants apprennent les arts graphiques. D’une salle, un chant s’élève, une dizaine de stagiaires unissent leur voix :
« Salomya, Salomya, Saléyoméni , Sayéloménie, Méminé Manda » : mais que es aixo ?
Au centre de leur ronde, Bastien Charlery, chanteur tzigane les accompagne à l’accordéon et m’expliquera plus tard que ces personnes, qui semblent toutes si bien se connaître ne chantent ensemble que depuis 20 minutes et qu’il s’agit de chants nuptiaux qui célèbrent l’Amour : magie de la musique qui unit les êtres en un temps record…

Il y a des livres pas comme les autres, entre humour, dérision et contines

Atelier d’initiation aux chants tziganes animé par Bastien Charlery 

Interview de Bastien Charlery

 

Lui était venu quelques jours plus tôt célébrer la confluence des cultures au Mémorial du Camp de Rivesaltes et le voilà aujourd’hui là, à Planèzes, pour le lancement des Musicales de l’Agly : les artistes n’ont décidément pas de frontières…

Les enfants ne sont pas de reste : théâtre et marionnettes animent les ruelles d’un Planèzes, qui respire la joie de vivre, la bonne humeur.

Qui a dit qu’il n’y a rien à faire dans l’Agly ? A l’heure du repas, c’est autour de grandes tablées que vignerons et festivaliers se réunissent au pied du clocher de la petite église. Chacun nettoiera sa propre assiette et partagera son bac d’eau, c’est ça la vaisselle participative !

Ces artistes que la nuit inspire

A la nuit tombée, un artiste peint une toile en live, les percussions jazzy-orientales du groupe Amane font danser touristes et habitants locaux, rockeurs et rastamen, ainsi qu’une brunette d’1.63m qui me ressemble étrangement… Nul doute qu’aucun d’entre eux ne ratera la prochaine édition des Musicales de l’Agly

J’espère que cet article vous aura fait partager ma passion pour les Musicales de l’Agly. N’hésitez pas à poster vos commentaires ! A bientôt.

Pour organiser votre séjour : Fenouillèdes Sud Cathare  ⋅  Pays de la Vallée de l’Agly

 

A voir absolument : bouton-video  La Vallée de l’Agly vue du ciel

Emma 5+ d'infos sur Emma

Voir tous les articles écrits par 




A la découverte d’Aristide Maillol à Banyuls-sur-Mer

Le département des Pyrénées-Orientales est situé au sud du Sud de la France. Sans être chauvine, c’est un véritable trésor et pour cause, hier j’étais à Banyuls sur Mer et laissez-moi vous dire que quand vous êtes sur la route juste avant d’arriver à Banyuls et que vous découvrez cette sublime vue, qu’on se le dise nous sommes vraiment bénis des Dieux !

Notre patrimoine commence ici

Banyuls sur Mer

 

Situé au bord de la Méditerranée ce petit bout de paradis, mérite d’être connu. En effet, outre son vignoble qui, je vous l’assure, n’a rien à envier aux grands crus (parole d’amatrice), Banyuls a vu naître Aristide Maillol, ce fabuleux sculpteur qui nous décomplexe toutes ! Soyons honnêtes, enfin un homme qui aime la femme comme elle doit être !

La cerise sur le gâteau ou sur la Rousquille* devrais-je dire, c’est que la visite du musée peut être effectuée par Jean-Marie Berta Maillol, qui n’est autre que l’arrière petit neveu d’Aristide Maillol !

*Rousquille : est une spécialité traditionnelle catalane présente des deux côtés de la frontière franco-espagnole. C’est un petit biscuit rond et tendre de 6 à 8 cm de diamètre et 2 à 3 cm d’épaisseur, en forme de couronne ou de 8, saupoudré de sucre glacé, légèrement parfumé à la vanille, au citron avec un peu d’anis et fondant dans la bouche.

Le Musée « La métairie »

 

A la sortie du Village de Banyuls sur Mer, je devine au loin le chemin de la liberté, celui de l’olivette de Maillol, celui qui lui permettait de s’évader lorsqu’il revenait de Marly-Le Roy (son atelier parisien).

A travers les chemins de terres, me voici arrivée devant le musée.
Par la petite porte je découvre les œuvres d’Aristide, cet homme né à Banyuls en 1861, village qui l’a vu aussi disparaitre à la suite d’un accident de voiture en 1944.

La rencontre

 

Aristide Maillol est le 4ème enfant d’une fratrie de 5 enfants, une famille instruite ou la curiosité et la lecture font parties du quotidien de l’artiste et de sa famille. Peintre jusqu’à l’âge de 40 ans, il se tourna vers la sculpture quand sa vue déclina.

C’est alors que la magie opère, je rencontre Jean-Marie, celui qui va me présenter Aristide !

Et là, ce qu’il va m’apprendre va bouleverser ma vision de ses sculptures (certes pas une vision d’experte mais ça, vous vous en doutiez).

IMG_1232
Statues musée maillol jan 2016

Aristide Maillol était un homme de formes, mais de formes géométriques. Ses sculptures étaient réfléchies, mesurées et pensées à travers des ronds, des carrés et des triangles. Il voulait remplir les formes, « remplir l’espace » avec toujours le souci du détail et des perspectives.

Car malgré ce que je pensais, ses modèles étaient fins et élancés.
Il avait tendance à exagérer les formes à travers ses canons de beauté : un buste de jeune fille avec des seins remontés et bien dessinés et un bassin de femme accomplie, rond, galbé et généreux comme la Méditerranée, comme une mère nourricière.

Ses personnages étaient sans fraude pour lui, pas de fleur ni de sourire, simples et nues,à hauteur d’homme pas de piédestal.

Certaines personnes demandaient à Maillol : « comment faites-vous pour faire de telles sculptures ? »
Et il répondait : « comme les pommiers font des pommes ! »
Mais est-ce vraiment aussi simple et évident ?

Sa rencontre avec Dina :
Sa muse, Dina Vierny, arriva dans sa vie presque par hasard. Il était de 60 ans son aîné et c’est grâce à un ami des parents de Dina et de Maillol que la rencontre pu se faire.

En effet, lorsque cet ami en commun vit Dina pour la première fois, il fut interpellé par la ressemblance avec les sculptures de l’artiste.
Celle-ci décida alors d’aller à la rencontre d’Aristide Maillol à Marly Le Roy.

 Mais comment vais-je le reconnaître ? C’est facile, il est vieux et barbu !
« Dina Vierny »

Cet entretien qui devait durer 15 minutes durera 10 ans, elle deviendra même l’exécuteur testamentaire de la famille à la mort de Maillol. C’est elle qui, avec l’aide de Matisse remettra en état un local rue Jacob à Paris, lieu qui sera dédié à des expositions de l’artiste et œuvrera sans relâche à la reconnaissance de « son grand homme » obtenant d’André Malraux l’aide nécessaire pour installer les sculptures au Jardin des Tuileries.Cette journée s’est terminée à la Cave Berta-Maillol, fief des Maillol où j’ai eu la chance de rencontrer Yvon Maillol petit neveu d’Aristide Maillol, personnage passionné, passionnant.Cave Maillol Banyuls Jan2016-01-2Cave maillon Yvon Aristide 2Cave Maillol Banyuls Jan2016-01-7Muséeok Maillol Jan2016-23-11

Mes chers lecteurs, je vous demande de l’indulgence pour ce premier épisode qui, je l’espère s’inscrira d’une grande série. J’ai adoré vous faire partager mes émotions et mes découvertes. Les Pyrénées-Orientales sont réellement un trésor, trésor de rencontres, de découvertes, de secrets. Merci à mes acolytes de la journée.

A bientôt !

Pour l’organisation de votre séjour :
Office de Tourisme de Banyuls-sur Mer: http://www.banyuls-sur-mer.com/fr
Musée Maillol: http://www.museemaillol.com/

+ d'infos sur Amandine

Voir tous les articles écrits par